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pièces

Les révoltés

Ce texte est une commande du metteur en scène Bruno Lajara, pour la compagnie Viesàvies.

 

France. 2007. Une famille normale à l’heure d’un repas où tout le monde se retrouve. Les parents, entre 55 et 60 ans. Un fils, l’aîné, proche de la trentaine. Une fille, entre 25 et 30 ans. Et puis un ami de la famille, du même âge que le fils, son meilleur ami, mais qui a sympathisé avec toute la famille. Une famille apparemment unie, équilibrée, banale, tous travaillent, ont une bonne situation.

Au cours du repas, la conversation porte rapidement sur l’injustice dans le monde, la violence, le terrorisme, et la jeune femme, très au fait de ces injustices et de l’actualité, qui n’avait pas beaucoup parlé jusqu’alors, témoigne de son indignation mais aussi de son incapacité, de son impuissance. Cette jeune femme se passionne pour les combats des plus démunis, notamment des palestiniens et des tchétchènes contre leurs oppresseurs. Une part d’elle est dans l’utopie la plus totale : vouloir changer le monde.

Entre rêves et réalité, entre incursions dans ces pays troublés et soirée confortable dans une famille française (même si la discussion est vive), nous allons faire un voyage parmi des révoltés de ces dernières années.

La famille est partagée, si la jeune fille comprend les actes désespérés des terroristes, elle refuse cette violence, et les autres sont plus circonspects, oui mais alors comment résister ? C’est la question centrale de la pièce. Comment lutter aujourd’hui ? Quelles sont les armes ? N’y a-t-il que la lutte armée ? Un combat non-violent est-il possible ? Quelles sont les autres formes de combat pour une cause ? Le terrorisme peut-il servir une cause, quelque soit la cause, peut-il changer la face du monde ? Les membres de la famille se posent ces questions, confortablement installés dans leur intérieur bourgeois, le ventre repu.

Nous allons voyager parmi des activistes, révoltés et terroristes de ces dernières années qui, si on l’analyse de manière chronologique, se sont radicalisés au fur et à mesure, même si les contextes sont différents. Il y a donc une montée dans l’horreur et la famille essaie de comprendre pourquoi le terrorisme se fait plus violent, ainsi que les motivations de leurs auteurs. Pourquoi des hommes et des femmes en arrivent à choisir la lutte armée dans des pays où ils sont opprimés ? Pourquoi ils sont prêts à tuer, parfois même des innocents ? Pourquoi ils sont prêts à se tuer par la même occasion, à sacrifier leur vie ? Pourquoi dans nos démocraties occidentales, des gens prônent la lutte armée, sont prêts eux aussi à devenir des kamikazes alors qu’on les pense bien intégrés ?

En alternant ces scènes de famille, miroir de nos vies, et celles de la lutte, de la rage, de la colère, de la révolte d’activistes, nous cherchons à saisir la part d’humanité de ceux qu’on présente comme des monstres sanguinaires, mais aussi notre part de monstruosité, nous paisibles citoyens occidentaux de pays « en paix ».

16 personnages (7 femmes, 9 hommes), 94 pages.

 

Commande à l’auteur du Ministère de la Culture en 2007.

 

Création par Bruno Lajara, Viesàvies, à Avion (62), salle Aragon, le 24 janvier 2008.