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pièces

Vous allez tous mourir et pas moi

Cette pièce est née d’une collaboration avec le metteur en scène Pascal Antonini, il m’a proposé de travailler sur le thème de l’extrême droite. Je l’ai écrite à partir d’un travail d’improvisation avec 9 comédiens. Si la pièce évoque bien sûr ce thème, j’ai surtout voulu parler des désillusions de la jeunesse ou des fausses illusions, des rapports amoureux et sexuels. Je me suis beaucoup basé sur ce que les comédiens m’ont raconté ou montré. 

Bien planqués, autant pour rire que pour s'éclater, des jeunes gens lancent des injures aux personnes qui manifestent derrière une Jeanne d'Arc sur son cheval. Des jeunes en rupture, un peu paumés, qui veulent se battre contre l’extrême droite, contre les «fachos», mais qui sont divisés sur les moyens d’agir. Sans la volonté délibérée de leur part, ils vont kidnapper cette jeune fille et se retrouver terroristes presque par hasard. Ils ne savent pas quoi faire de cet otage qui va les mettre dans une position difficile et les manipuler. Ces jeunes qui s’aiment, se rejettent, se charrient sont surtout préoccupés par leur survie, par leurs traumas, par l’amour. Ils sont complètement dépassés par les évènements. Que ce soit le quotidien, l’avenir, le passé, les sentiments, ils ne maîtrisent, ils ne gèrent rien et tout explose. L’instinct, les sentiments prennent le pas sur la raison. Il est difficile d’aimer, plus facile de haïr. Ces jeunes sont un peu d’une autre époque, de celle des chansons des années 60/70 qu’ils chantent. Ils savent quels sont leurs ennemis politiques mais ne savent pas comment les combattre. Leur engagement est aussi naïf qu’il est fort, ils veulent plus en découdre avec des armes qu’avec des idées. Ils témoignent de notre incapacité d’enrayer la montée de l’extrême droite. C’est aussi le portrait d’un groupe fermé, dans lequel les relations sont à double tranchant, et qui, à force de mêler la cause politique et l’intime va s’autodétruire. Un groupe dans lequel on devient faible lorsqu’on se retrouve seul. Un groupe dans lequel on recherche avant tout de la considération et de l’amour. Celui qu’on n’a pas à l’extérieur.

 

9 personnages (5 femmes, 4 hommes), 115 pages.

 

Aide d’encouragement du Ministère de la Culture en 1997.

 

Création par Pascal Antonini, compagnie Pascal Antonini, à Montrouge (92), Maison de l’Acteur, le 14 octobre 1998.